En transformant les générations en catégories figées, notre époque remplace progressivement la logique de transmission par celle du renouvellement permanent
Résumé:
Dans Le Passé à venir, Tim Ingold remet en cause notre manière de penser les générations comme des catégories homogènes qui se succèdent et s’opposent. Pour lui, une génération est avant tout un processus vivant de transmission, où les savoirs, les expériences et les valeurs circulent entre des personnes qui coexistent. À travers la métaphore de la corde, il montre que le progrès ne naît pas du remplacement d’une génération par une autre, mais de leur entrelacement et de la prolongation d’une œuvre collective où chacun reçoit autant qu’il transmet. À force de définir chacun par son appartenance générationnelle, nous fragilisons les solidarités et la transmission. Le passé devient alors une simple archive dont il faudrait s’affranchir, tandis que l’innovation est érigée en valeur absolue et que chaque génération est invitée à repartir de zéro. Cette réflexion éclaire aussi le monde syndical, où le renouvellement ne peut reposer sur l’opposition entre anciens et nouveaux militants, mais sur leur capacité à apprendre les uns des autres. Plus qu’un essai sur les générations, ce livre est une invitation à repenser notre rapport au temps, à la mémoire et au progrès.




